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Grandeur nature : Les habitats en Charente : richesses et diversité

Autour de Confolens


Les « hautes » terres froides du Confolentais, aux sols acides et imperméables forment un pays de prairies bocagères humides vouées à l’élevage, aux forêts de chênes pédonculés, châtaigniers, charmes, ou aux « brandes » typiques du proche Limousin.
Si l’on excepte à l’Ouest une zone de transition polyculture-élevage, encore riche de potentialités pour le petit gibier de plaine (perdrix, lièvres), le Confolentais, victime d’un exode rural ancien, de la déprise agricole et de la disparition des cultures céréalières est peu propice au petit gibier qui n’affectionne pas plus la friche ou l’herbage, que l’intensification.
Le sanglier, le chevreuil connaissent dans la plupart des massifs une expansion continue. Le renard y fait souvent courir les meutes de « braillots » et une zone d’étangs à cheval sur la Vienne recèle de belles populations d’oiseaux d’eau.



Autour d’Angoulême et de Ruffec


Vastes plaines ouvertes, terres de plateaux calcaires (du Ruffecois, de Braconnes et Boixe) et de dépressions (de Villefagnan à La Rochefoucauld), cette région agricole, vouée à la céréaliculture et aux oléagineux, a longtemps été le fief de la caille et de la perdrix mais aussi de l’œdicnème et de l’outarde qui ont bénéficié très tôt, et sans succès, de mesures de protection. Machinisme agricole, intensification, arrachage des haies, multiplication par huit des surfaces en maïs en moins de quarante ans (au détriment de l’avoine puis de l’orge, du blé et des luzernes) ont porté un rude coup à ces espèces qui affectionnent pailles, luzernes et « rétubes ».
Les chasseurs au chien d’arrêt on vite compris, ici ou là, que pour rétablir des populations naturelles, il fallait passer au préalable par la reconstitution de biotopes accueillants. Certaines associations de chasse, profitant du « gel » des terres et de l’évolution des mentalités, ont commencé un lent – mais sûr – travail de réimplantation de haies, de développement de « culture à gibier », en passant des contrats avec les agriculteurs. Heureusement, parmi les chênes pubescents, le chevreuil (en Boixe), le sanglier (en Braconne) se portent bien. En plaine, le vanneau est généralement fidèle au rendez-vous de l’hivernage tout comme les oiseaux d’eau le sont au bassin de la Charente, à ses affluents et aux plans d’eau artificiels récemment créés.



Autour de Cognac et de Jarnac


La pression de chasse est ici la plus forte du département ; la densité de lièvres aussi : les prélèvements peuvent atteindre 20 à 50 lièvres aux 100 hectares !
Le milieu, favorable à l’espèce, n’explique pas tout. Si l’équilibre perdure c’est que les sociétés de chasse ont su mettre en place très tôt des mesures de bonne gestion élémentaires : retard de l’ouverture du lièvre, vastes réserves permanentes, limitations des jours de chasse et des prélèvements, développement des « engrais verts » dans les rangs de vigne. Cependant la perdrix a régressé, en même temps que la polyculture, au milieu du vignoble.
De leur côté, les oiseaux d’eau y bénéficient, outre du lit de la Charente, d’anciennes gravières et du marais de Gensac-La-Pallue.
Malgré la myxomatose, le lapin s’y développe là où l’agriculture le permet, notamment sur les « chaumes » à pelouses xérophiles et genévriers ou dans les carrières. La grive abonde à l’automne dans la vigne et quelques boqueteaux, où les chevreuils ont fais timidement leur apparition depuis cinq ans.



Autour de Montmoreau et de Chalais


Aspirée par l’Aquitaine, la région agricole la plus « sudiste » est sans doute la plus contrastée. Dans ses ondulations de collines et vallées, on y voit alterner bosquets et polyculture favorable au lièvre et à la perdrix, et de plus en plus à l’hivernage du pigeon ramier – qu’on appelle, déjà ici, palombe.
Cette polyculture, sur la périphérie, fait place aux massifs de pins maritimes dans les landes de la Double et à ceux de chênes et de châtaigniers en allant vers la Dordogne ou Blanzac. Les bécassiers y poursuivent avec ardeur la « mordorée » qui fait l’objet d’un suivi attentif de la Fédération par captures et baguages.
Dans son meilleur fief charentais, le chevreuil connaît là un développement que seuls les impératifs économiques de la sylviculture paraissent devoir arrêter. Même difficulté pour le sanglier qui impose déjà de gros efforts de protection des champs de maïs de la part des chasseurs.










Une démarche d’avenir pour l’aménagement du territoire


Les Chasseurs Côté Charente ont entrepris en ce début 2010, un vaste programme d’étude sur l’ensemble des territoires de chasse. Pour chacun d’entre eux, un diagnostic sera établi en termes de qualité de la flore, de la faune et de leur adéquation. Partant des constats réalisés, les Chasseurs Côté Charente proposeront à l’ensemble des partenaires concernés – exploitants agricoles, chasseurs, collectivités locales, services de l’état….- un panel de solutions adaptées aux problématiques spécifiques du territoire, afin d’améliorer la biodiversité et de concourir à un aménagement harmonieux du territoire, en optimisant l’utilisation de l’argent public.